Un rapport du Sénat remet en question les joujoux ruineux TGV LGV
| LGV PL : l'imposture - LGV : impacts politiques |
Après la mise en garde du rapport parlementaire d'Hervé Mariton, sur l'aberration du SNIT 2011 en matière de création de 4000 km de LGV, c'est aujourd'hui au tour du Sénat via la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire de confirmer l'absurdité cette politique de développement ferroviaire.
rapport du Sénat du 8 juin 2011
Choisir l'entretien et la modernisation de l'existant
Sur le plan budgétaire, le SNIT peut être découpé en deux : 100 milliards pour l'entretien et la modernisation des réseaux actuels et 160 milliards pour la création et le développement de nouveaux réseaux.
Face à l'impossibilité de financement de ces projets, les sénateurs appellent à renoncer en partie aux réseaux futurs pour concentrer les efforts sur le réseau existant : "Poursuivre les deux objectifs simultanément ne paraît pas réaliste, d’autant que l’État n’a pas les moyens de verser à RFF les subventions prévues au contrat de performance".
pour une cohérence européenne
Les sénateurs pointent également le fait que le SNIT de l'incohérence des projets français avec les projets des autres pays limitrophes : "les enjeux de transport ne s’arrêtent pas aux frontières nationales". La Commission européenne proposera les lignes directrices du Réseau Trans-Européen de Transport (RTE-T) seulement au cours de l’été 2011. Pourquoi se précipiter ? Il serait plus sensé d'attendre afin de développer un réseau de transport le plus efficace possible à l'échelle du continent européen, plutôt que de travailler dans notre coin.
Stop au dogmatisme pro ferroviaire
Plus loin dans le rapport, les sénateurs critiquent disons l'idéologie "pro-ferroviaire" qui pousse le Gouvernement à privilégier démesurément le transport par rail, alors que le transport maritime et le transport routier doivent se contenter de quelques miettes, des modes de transport qui coûtent pourtant moins chers et qui ne polluent pas forcément davantage. Tout dépend des cas de figure. Après tout, la période 2010/2030 sera aussi celle de la voiture électrique...
D'ailleurs, en ce qui concerne l'opposition entre l'intervention publique et le progrès technologique, les sénateurs finissent par avouer la supériorité du second : "En effet, le progrès technologique devrait permettre d’abaisser les émissions de CO2 de 23 millions de tonnes en 2030 par rapport au scénario standard, alors que les nouvelles infrastructures du SNIT ne permettront d’économiser que 2 à 3 millions de tonnes par an. Autrement dit, créer de nouvelles infrastructures de transport est pratiquement 10 fois moins efficace pour réduire les émissions de CO2 que le progrès technologique concernant les véhicules propres".
Le rapport du Sénat reprend les conclusions du rapport d'évaluation du Commissariat Général au Développement Durable concernant le SNIT 2011, le Schéma National d’Infrastructures de Transport, qui est issu du Grenelle de l'Environnement a rendu son verdict sur l'intérêt environnemental de ce programme de grands projets d'infrastructure .
Le ferroviaire oui, mais le ferroviaire socialement utile
"Veillons à ne pas créer une société à deux vitesses, où le succès des lignes de train à grande vitesse se ferait au détriment des projets ferroviaires plus modestes, de l’entretien de notre réseau routier, et de la relance du fret ferroviaire ! Le SNIT doit répondre à la fois à une logique de trafic et à une logique d’aménagement du territoire. L’attractivité de notre territoire ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie de nos concitoyens."
Mis à jour (Jeudi, 30 Juin 2011 16:55)
















