Endettement : rigueur d'un côté et gaspillage de l'autre au profit des BTP !
| LGV PL : l'imposture - LGV : impacts financiers |
A l'heure où le président de la République parle de mesures de rigueur (ou rigoureuses pour employer son expression) pour endiguer l'endettement des finances publiques de la France, le gouvernement propose un projet de schéma national des infrastructures de transport de 170 milliards d’euros d’investissement.
Le chemin de fer représentera près de 52% des fonds mobilisés, suivi par les transports collectifs urbains (32%) et le fluvial (9%). La route et l’aérien sont victimes de leur lourd impact environnemental: seulement 5% des investissements seront dédiés à ces moyens de transport. Le budget chemin de fer, 89 milliards € est entièrement consacré aux LGV.
Quand va t'on comprendre que la modernisation du réseau ferré existant, afin de pouvoir y faire rouler des trains jusqu'à 220 km/h est possible, largement suffisante, demandée par les usagers pour drainer les territoires, bien plus pertinente en terme socio économique et environnementale et, pour comble, bien moins couteuse que ce plan pharaonique ruineux ?
Le plan ne précise pas la manière dont l’Etat participera au financement des projets. L’ensemble des projets de lignes à grande vitesse à engager avant 2020 représente plus de 2.300 kilomètres de lignes et plus de 65 milliards d’euros d’investissement. Parmi ces projets avant 2020, on note la LGV Poitiers Limoges.
Mais les associations de défense de l’environnement s’étonnent de ne trouver aucune précision sur le financement
de ces projets. Elles craignent que, dans le cadre de la discussion du budget 2010-2011, la participation de l’Etat soit réduite et que les financements de la part des collectivités locales aux projets d’infrastructures ferroviaires soient mis à mal. Des collectivités locales qui doivent aussi participer au financement des réseaux de transport collectif en site propre en province et en Ile-de-France (53 milliards d’investissement).

Le deuxième appel à projets a été lancé en mai dernier et les villes devront déposer leurs dossiers en octobre prochain.
La sous évaluation du coûts des projets constatée sur les projets LGV antérieurs, laissent aux collectivités l'impression de donner un chèque en blanc au maître d'oeuvre RFF, et au maître d'ouvrage choisi.
Se pose aussi la nouvelle problématique de conformité aux lois d'orientation du Grenelle 2 concernant les impacts sur la biodiversité qui auront forcément un effet majorant sur le coût des infrastructures.
On constate sur la carte proposée l'absence d'investissement sur les lignes existantes, afin de les rendre accessible à la grande vitesse. C'est la cas de la ligne POLT dont l'absence remarquée sur cette carte, donne au Centre de la France l'impression d'un territoire oublié dans la politique nationale de transport ferroviaire.
Evidemment les entreprises financières du BTP s'inquiètent et continuent d'exercer des pressions sur les pouvoirs politiques pour accéléler la réalisation de ces projets ruineux. De quelle côté s'exercera la rigoureuse politique annoncée par le président de la République ? Celle du bon sens, ou de la rigoureuse pression du lobbying des BTP ?
Mis à jour (Vendredi, 16 Juillet 2010 08:03)














