L’Angleterre en faillite brade ses bijoux de famille à des fonds de retraites canadiens.
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Les Etats surendettés deviennent la proie facile des spéculateurs financiers.
L’Angleterre nous a fait une nouvelle démonstration de la logique de financiarisation qui règne aujourd’hui sur tous les secteurs publics de l’économie mondiale : deux caisses de retraite ontariennes ( Canada) s'allient pour acquérir, en échange de 2,4 milliards €, le permis d'exploitation du train à grande vitesse reliant Londres au tunnel sous la Manche.
La somme récoltée par Londres est loin de couvrir les 5,8 milliards € qu'a coûté l'infrastructure « Hight Speed 1 » inaugurée en 2008. Il s'agit là d’une manne pour les finances du pays, qui vient de s'engouffrer dans une cure d'austérité sans précédent pour venir à bout de son déficit record. Mais il s'agit d'un gaspillage de l'argent public au profit d'intérêts privés.
Cette affaire s'apparente à la transaction PPP en cours pour le financement de la LGV Tours Bordeaux au profit du groupe Vinci. ![]()
Cette privatisation a été dénoncée avec vigueur par le dirigeant du syndicat des transports RMT, Bob Crow. Il a accusé le gouvernement d'avoir "vendu ses bijoux de famille à vil prix", et qualifié l'opération de "vandalisme".
La transaction est pilotée par Borealis Infrastructure, une branche de la caisse de retraite des employés municipaux de l'Ontario (OMERS) et par Teachers, qui investit l'argent des enseignants de la province.
Selon le ministère britannique du Transport, OMERS et Teachers ont acquis une franchise d'exploitation du tronçon ferroviaire long de 109 kilomètres pour une période de 30 ans. Le gouvernement britannique demeurera propriétaire de la voie ferrée, des infrastructures connexes et des terrains.
Le consortium canadien génèrera des revenus en facturant des droits d'accès aux compagnies ferroviaires qui empruntent la voie. Pour l'heure, c'est Eurostar qui s'y aventure le plus souvent pour ses trajets reliant Paris et Bruxelles. La compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn s'est par ailleurs montrée intéressée à offrir une liaison à grande vitesse entre l'Allemagne et Londres.
« Les actifs de HS1 - High Speed 1, l'organisation qui détient les permis d'exploitation de la ligne ferroviaire - sont de très grande qualité et correspondent parfaitement aux critères d'investissements de Teachers, » a indiqué le vice-président principal du groupe Infrastructures de Teachers, Stephen Dowd.
Cette transaction permettra à Teachers, dont les actifs se chiffrent à 96 milliards de dollars, d'accroître sa présence en Grande-Bretagne. La caisse de retraite a déjà investi dans une entreprise de jeux de hasard, le groupe Camelot, aux aéroports de Bristol et de Birmingham et dans la compagnie gazière Scotia Gas Networks.
Le PDG de Borealis Infrastructure, Michael Rolland, a fait valoir que ce lien ferroviaire est situé dans un secteur attrayant et dans un environnement où les règlementations sont stables.














